Label Bouse

Encore un ancien texte ! Je l’ai écrit, y’a un an. Je crois que je l’aimais bien à l’époque. Là, je suis plus très sûre.

 

Je me sens si seul sur cette planète! Je suis épuisé. Rien ne va plus ! Je suis déçu, fourbu. J’en ai plein le cul !
Où est passée ma belle planète ? Celle qui me portait sur son dos pour m’empêcher de sombrer trop haut. J’étais bien, j’étais tranquille !

Mais qu’est-ce que je fout là, bordel ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi cette planète, votre planète, devrais-je dire, est devenue si verte ?

Mais regarde ça. Regarde ! Cette hippocampe à gueule de chat ! Ça te choque pas toi ? Qui a déjà vu ça ? Oui, évidemment, tu vas me répondre, moi. Mais y’a un problème chez toi.

Qu’est-ce que tu manges ! Une tentacule ! Une tentacule ? Mais pourquoi tu fais ça ? C’est n’importe quoi ! Plus rien n’a de sens, ici.

J’ai atterri sur une belle bouse. Je rêvais de vivre un autre monde, mais je ne me rendais pas compte que j’étais perdu dans un paradis. Tout ce bleu ! Tous ces contours, ces cratères, ces piques m’ont fait perdre mon chemin. La belle bouse (c’est comme ça que j’appelle mon nouveau pied à terre) à présent est mon château, ma forteresse qui m’empêchera d’exister, pour que je puisse rêver.

Alors, je te dis à bientôt, ma planète bleue !

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Alphonse #5

Alphonse, à présent majeur, mettait en ses gestes, en sa voix, en toute son attitude, une hauteur qui criait qu’il la voulait son importance. Celle tant attendu. La puissance.

_ J’ai écrit deux mots cette nuit, griffonnés entre deux songes que mes pensées se tournaient encore et toujours vers la vie qui va enfin changer. Pour vous, pour nous ! SOYONS RESPONSABLES ! RESPONSABILISONS LES AUTRES !

Les applaudissements étaient unanimes.

_ Les autres, c’est nous. Nous, c’est le changements. Un changement ne se fait pas sans contraintes, vous le savez bien. Certains ont peur. OUI, mais la peur est un sentiment qui ne dure pas. Ceux qui ont peur verront. Ceux qui ont peur sauront, après nos démonstrations. C’est simple, unissons-nous. C’est là que nous verrons, ces grains de sable couleront en masse pour rejoindre les autres. Et alors nous deviendrons une légende, un exemple à suivre. Il n’y a rien pour vous, avec le monde comme il vous est servi à présent. Hormis la doucereuse et morne attente de la mort. Alors allons-y, nous deviendrons une légende, un exemple à suivre. On ne peut tout prévoir. SAUF… Sauf…

Ilsarrêta pour boire une gorgée d’eau. Silence dans la salle. Sur les 10 000 personnes présentes, personne n’osait bouger. Il reprit.

_ Sauf quand on est unis. TOUS ENSEMBLE qui viendrait nous déranger ? Pourquoi voudrait-il d’ailleurs ? Une révolution, qui n’en voudrait pas ? Ceux qui n’en veulent pas sont des imbéciles.

Alphonse captivait la foule. A 24 ans, il était devenu l’amour de tout un peuple. Au fil de ses marches, et ses courts arrêts, il s’était fait connaitre, il s’était fait un nom !

Oh, comme ils les aimaient tous ces regards amoureux posés sur lui. Il était l’attention de tous, ils buvaient sa conscience, se reprogrammaient grâce à ses idées.

 

La suite… Ba jamais en fait puisque je me suis arrêtée là. XD

 


 

Bonus : Une idée que j’avais eu pour la suite de ce roman jamais fini. 

Alphonse n’en revenait pas que ses actions aient été ainsi mal interprétées.

L’homme un moment, parut prêt à le défier, puis il se ravisa et rentra dans les rangs.

_Qui est-tu Alphonse ? Scanda la foule.

_ Je représente le mouvement. Oui, je tue, mais uniquement dans votre intérêt. Pour le besoin du monde, de son changement. Je suis la vie. J’exige ! Mais vous qui êtes-vous ?

_ Nous sommes la vie, commença un petit groupe.

Un autre plus grand se lança et répéta. Un canon se finit par s’entendre.

Des larmes se formaient dans les yeux des observateurs. Ce chant si triste, si extrême qui sortaient de ces gens si simples. Ils étaient terrorisés eux ainsi que les éloignés, ils avaient au moins ce point commun. La peur !

 

 

 

 

Alphonse #4

« Bande d’inconscients » pensa-t-il un jour alors qu’il passait devant des jeunes gens qui détendaient au soleil « N’ont-ils donc pas honte ? Jouer comme des enfants alors que leur futur s’impatiente. Infames gosses ! Je vous deteste. Pauvre monde ! » Il resta là, un temps, à les regarder s’amuser. L’œil colèrique perdait de temps e temps son rouge pour devenir rose. Puis, il prit la décision d’aller les voir. La moral s’approcha tandis que la bande s’ébrouait gaiement.

_ Hey !

Trois se retournèrent.

_ Vous n’avez pas honte ?

_ Quoi ?

_ Ce que vous faites là. Regardez-vous nom de dieu.

Ils se regardèrent, amusés.

_ Qu’est-ce qu’on fait ? Demanda le plus calme, tandis que les autres commençaient à ricaner.

_ ça, dit ALphonse en montrant leur petit squat qu’ils s’étaient fait pour la journée. Des vêtements étaient éparpillés autour d’eux de la nourriture et des canettes de bière.

_ On ‘en pose des questions à toi ? On vient pas te faire chier, alors fais de même. Dit la jeune fille à sa gauche.

_ Egoistes !

_ Tu veux jouer avec nous ?

_ Je suis là pour vous remettre dans le droit chemin Rangez tout ça, et partez rejoindre votre futur. Notre futur ! Vous comprenez ? Pas le temps pour ces balivernes. Ne nous abandonner pas. On a besoin de vous.

_ Mais qu’est-ce qu’il raconte lui ?

_ T’as fumé ?

_ C’était de la bonne, je crois.

_ Allez, viens te poser avec nous, repeta le gars du fond visiblement bourré. On s’occupera du futur plus tard.

_ Il est fou non ?

_ Si c’est le cas, je préfère qu’on s’en aille maintenant. On va quand même pas attendre d’en être sûr pour faire quelque chose.

_ FAIRE QUELQUE CHOSE…

Ils sursautèrent.

_ Voilà une sage parole. Tu t’appelles comment ?

_ Youseph.

_ Très bien, Yousseph, toi tu me plait bien, continues.

_ Vraiment, les gars, c’est flippant. Il paraissait normal au premier coup d’œil. Un ado comme nous quoi.

_ Qu’on lui trouve un entonnoir ! Cria le gars bourré, hilare.

Ce qui provoqua des petits rires chez ses compagnons. Alphonse continuait à les regarder sérieusement.

_ Un but, c’est bien, c’est ce qu’il vous faut.

_ Bon allez, je crois qu’on a compris. Il a raison. On s’en va. Dirent-ils.

Après avoir remballé toutes leurs affaires, avec l’aide d’Alphonse, ils partirent en lui disant au revoir. Laissant là Alphonse avec son sourire de satisfaction et sa posture de conquérant. La bande, elle, s’enfonça et se reposa un peu plus loin. Mais ça il ne put le voir car il avait le regard perdu loin à l’horizon.
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La suite demain ! 

Alphonse #3

Alphonse marchait. Toujours. Impatient. Il ne laissait personne le ralentir.

_ Hey ! Je peux t’accompagner dans ton voyage ?

_ Non !

_ Pourquoi ? Pleurnicha le petit qui tentait de suivre sa cadence.

Alphonse s’arrêta et se retourna.

_ Parce que je veux me créer mes propres idées de la vie ? Tu comprends ?

Le petit fit non de la tête.

_ Ecoute, si tu viens avec moi, tu vas me parler de tes idées, de tes opinions… ça va me dépersonnaliser. Tout seul, je m’influencerais que de mon cerveau. Laisse-moi maintenant. Pars. Je ne veux pas discuter avec toi. Ne m’inonde pas de tes pensées. Va !

_ Tu exabuses, lui cria de loin le petit.

 
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La suite demain !

Alphonse #2

_ Tu fais quoi, à cette heure-ci petit ? L’interpella un jour un villageois.

_ Je marche, je grandis. Dit Alphonse.

_ Tu crois qu’il suffit de marcher pour grandir ?

_ Comment qu’on fait alors ?

_ En s’instruisant, à l’école, dans les livres.

_ Moi je veux devenir un adulte. Je veux devenir utile, maintenant.

_ Pauvre fou, t’as à peine 10 ans. Mais être constamment en mouvement, c’est pas ça qui te fera devenir adulte.

Le villageois lui souriait.

_ En marchant, j’atteindrais plus vite mon moi-adulte qu’en restant sur une chaise. Comment voulez-vous que je le rattrape ? Il m’attend, je le sais. Si je ne bouge pas, on s’oubliera il pensera plus à moi et moi je penserais plus à lui.

_ Tu n’es qu’un enfant.

_ Vous voyez ! C’est pour ça que je dois devenir un adulte, pour ne plus être « qu’un enfant ». Répondit Alphonse énervé.

_ Tu fais une erreur, tu t’en voudra plus tard. Lui dit le villageois en se replongeant dans son journal.

_ Peut-être, mais si je ne le fais pas je m’en voudrais maintenant.

_ Idiot !

_ Villageois !

_ Et puis où sont tes parents ? Ne peuvent-ils pas s’occuper de toi ?

_ Je suis libre.

_ Et idiot ! Allez va-t-en ! Va profiter de ta liberté, mon petit gars. Tu devra la quémander plus tard. Les benêts comme toi, on en fait ce qu’on veut.

_ Au revoir… prisonnier.

 
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La suite demain !

 

Alphonse #1

Et on continue dans le retour dans mes textes du passé. « Alphonse » c’est un roman que j’ai commencé à écrire puis que j’ai abandonné là sur les pages d’un cahier, il y a 2 ou 3 ans. 

24 Octobre 1990 

18h06. L’enfant naquit dans un silence interrogatif. Qu’allait faire la mère ? Qu’était son idée ? A dire vrai, peu de suspens. Sa décision se lisait dans tout son être. Elle fuyait, du regard autant que du reste. L’abandon était toujours à l’ordre du jour.

Son bébé lui fut présenté, elle détourna le regard, on l’a questionna sur le prénom, elle proposa « personne ». On laissa tomber.

C’est quelques jours plus tard que son naturelle revint.  Ses joues arrondies par ses nombreux sourires avaient repris des couleurs. Ses yeux baissés regardaient à nouveau vers l’horizon. Enfin, c’était le jour de sa sortie. Liberté ! Loin de ce monstre et de ses tentacules qui essayaient désespérément de l’agripper pour la ramener auprès de lui.

Lui, qu’on prénomma Alphonse. Lui qu’on envoya dans un orphelinat. Si petit et si seul, qu’il dut grandir plus vite que les autres. Oublié l’innocente enfance.

 

*

 

La gadoue était de nombreuse fois, présente en saison des pluies, il y rampait toute la journée. Il était si sale que ses mères prirent l’habitude de ne plus le nettoyer que le soir avant l’heure du coucher. Il aimait tant se déplacer qu’il était inutile de le courir après pour le laver, il se salissait dans la minute suivante.

La terre était tellement sèche le reste du temps qu’il rentrait marron de la tête aux pieds. Les lèvres craquelées de terre, il levait la tête et réclamait à boire.

 

*

 

Fini ! Cette étape ne lui fut accordé qu’un court moment. « Les adultes ne se salissent pas comme ça, Alphonse. Reste propre ! Soit un homme. » Lui dirent ses mères un jour où elles se lassèrent vraiment de courir après ses habits crottés.

Le petit regard d’Alphonse s’agrandit. Il apprit alors à se débrouiller dans ce monde et mit en pratique ce qu’il avait absorbé lors de ses parcours journaliers. Il cracha ses connaissances. Se mit sur pieds dans un petit nuage de poussière. Avança, tomba. Se retrouva le cul couvert de terre, il regarda autour de lui. Chercha sa famille des yeux. Elles ne lui prêtaient aucunes attentions. L’œil fixait sur elles, il se releva. Pieds à terre, il s’enfuit. Petits pas. Il marcha, marcha avec acharnement. Dur sous les pieds et sous les yeux, il continuait son chemin. Il courait parfois.

 

La suite demain !

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Le petit sou

Me voilà encore et toujours dans mes textes passés. Aujourd’hui « Le petit sou », je l’ai écrit y’a 2 ou 3 ans peut-être.

Le contexte de la création de cette histoire ? Ba j’en sais rien. XD

 

Un jour, un petit sou naquit ! Fabriqué par l’homme, on espéra pour lui qu’il fasse de grande chose. On l’idolâtra, on le rendit polit. Plein de bons soins, il était heureux comme ça. Attendant. Brillant. Poli.

Jusqu’au jour où il décida de partir à l’aventure. Faire des rencontres. Vivre la grande vie. Il partit. Sans préparation.

Mais de ce voyage, le petit sou ne devint pas grand. Non, cette aventure ne le changea pas. Il en fit pourtant des rencontres. Parfois seul, parfois accompagné, il partagea et découvrit beaucoup d’autres civilisations.  Il resta un temps avec eux, se nourrit de leur culture, profita. Puis il repartit à l’aventure, espérant se poser, recommençant les mêmes étapes. Infiniment, désespérément.

A en avancer, sans s’arrêter il revint sur ses traces. Sur ses pas effacés par le temps. Il aurait voulu retrouver son passé, mais il ne le retrouva pas. Ce petit sou, brillant et poli n’était plus. Le trajet l’avait sali. Il ne retrouva pas ses premiers amis, il ne retrouva pas son premier chez soi. Tous s’était évaporé. Alors il s’en alla. Et à nouveau, tout recommença.

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La petite tâche bleue

/!\ En ce moment, je me plonge dans mes anciens textes. Des textes courts, des débuts de roman pas finis… Ce que vous allez lire là, j’ai du l’écrire y’a 2 ou 3 ans. Ba… BON COURAGE. Lol. Y’en a dont je suis fière, celui là, franchement… Moyen. 

Blablabla… Le monde c’est de la merde… Blablabla… Personne ne m’aime. Blablabla… Je me plains encore et encore. Ouin ouin ouin. 

Non mais ça me fait rire, je suis contente de voir qu’il y a de l’évolution, et que je suis loin de ça maintenant. 

Bon lisez quand même hein, parce que je vais en avoir pour 1h pour retaper tout ça ! Merci XD

Texte totalement dans son jus, j’ai rien modifié !

 

Que se passait-il dans cet esprit si jeune et déjà impénétrable ? Qu’est-ce qui était en train de s’y accomplir ? Qu’arrivait-il à son âme ? Quelquefois, plutôt que de se disperser pour se faire oublier, la petite tâche bleue aimait à s’étaler, au milieu de tout pour se faire remarquer. Elle a si peur de disparaître, de ne plus être ! De laisser sa place, sans y laisser une marque de ce qu’elle est, de ce qu’elle fait !

Mais qui est-elle ? D’où vient-elle ?

 

À certains moments, celle qu’on appelle la petite tâche bleue souffrait tellement à force de ne plus bouger, qu’elle se tapait dessus pour se sentir exister. La douleur immédiate apporta avec elle un sentiment de bien-être qu’elle ne voulait surtout pas perdre. Mais inlassablement, cette chaleur lui échappait. Jours après jours, la douleur se faisait moins intense au gré de la couleur de son sentiment.

La couleur de son sentiment, passant du noir au rouge, du bleu au jaune. Toutes ces couleurs qu’elle aurait voulu dans sa vie, étaient posées là dans son lit. Elle aurait voulu les oublier, faire en sorte qu’elles n’aient plus aucuns intérêts juste après leur disparition, mais elle savait qu’elle recraquerait et liguerait encore une fois cette amour de son poing. Ils reviendront, elle le sait bien.

 

Tant pis ! Ce serait un mal pour un bien. Elle avait mal, mal au cœur, mal à l’esprit. Il le fallait ! Qui l’en empêcherait après tout ? Qui lui dirait d’arrêter ses mauvaises fréquentations ? Personne ! Personne n’est venu à elle, elle est venue aux autres ! Se colorant la peau pour se faire remarquer, pour entendre les excuses de ceux qui n’ont pas vu ce qu’elle avait à donner. Ses dons si forts, coincés dans sa main, réclamés la sortie à tout prix. Cette explosion à bien eu lieu, mais elle n’a jamais eu la force de lever le poing en l’air. Il est retombé une fois, deux fois… trente fois contre sa cuisse sans jamais s’arrêter. De guerre las, elle s’est laissée aller. Pluies d’étoiles colorées au-dessus d’un ciel nuageux.

À la nuit tombée, son ciel laissa place à une couleur rosée. Fatiguée, la petite tâche bleue s’endormit jusqu’au lendemain.

 

Lendemain matin toujours le même, elle a cru un jour qu’il serait superbe.

La jambe noircie par les coups, elle se rappelle et s’apaise « je suis finalement capable de quelque chose ». Le pied sur le parquet, la dernière larme versée, elle se lève pour tenter de visiter l’avenir.

Cette avenir où elle avait accès libre à une époque qui lui a été volée. Volée par les petits lutins de la mascarade (Note de moi du présent (xcusez-moi): WHAT ? Les petits lutins de la mascarade, mais qu’est-ce que tu racontes Charlène ? Putain, t’as pourtant jamais pris de drogue de ta vie XD Reprenons !) Car tout ceci n’est à présent qu’une mascarade.

Une mascarade volée par ses espoirs du passé. Des espoirs d’enfance où tout était possible d’exister.

 

Tout était paix et silence, le pied dans l’eau, elle repensait en voyant le noir sur sa cuisse, aux sentiments de la veille. À ses sentiments qu’elle avait déposé pour ne pas laisser à son cerveau emmêlés le soin de trouver une parade pour oublier. Elle avait sur soi, à sa vue, à ses sens, l’assurance de ne pas oublier d’exister. D’exister pour régner sur son passé.

Elle posa la main sur sa blessure, doucement tellement la douleur fut fulgurante et regarda sur l’autre berge. Des pécheurs lancés leur hameçon au milieu des canards et des oies qui attendaient que la famille qui s’était approchée d’eux, leur lance de la nourriture. À chaque nouvelle lancée, celui servi se faisait courser par les autres pour lui piquer son pain.

 

Bon ba si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous voulez peut-être en savoir plus. Qu’on se mette bien d’accord. OUI, j’ai eu une période de ma vie où je me suis mutilée. ça a commencé avec des clés. Je me griffais très fort le bras, avec ces clés, ça chauffait, ça laissait quelques griffures, j’étais contente. Que voulez-vous, ça me faisait du bien. 

Ensuite, j’ai commencé à me taper la cuisse. Pareil, ça chauffait, ça laissait quelques petits bleus. Un jour, je me suis tapée mais comme une furax. Véridique. J’ai eu un bleu mais que dis-je c’était pas un bleu, c’était hyper gros noir. J’ai mis un mois pour m’en débarrasser. 

Ba pareil, j’avais mal, beaucoup plus mal que les autres fois pour le coup, mais ça me faisait du bien. Je vous jure, j’aimais bien avoir mal. 

Je me suis retapée après ça, mais jamais à ce point là, et je crois ça m’a peut-être apaisée parce que j’ai très peu recommencé après.

Je me suis jamais fais saigner par contre. 

J’en parle, parce que ça fait quand même un bon moment que j’ai pas fais ça. Que je suis retombée sur ce texte. Que c’est plus mon présent… C’est du passé. 

 

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Le passe-muraille

Il était très songeur le Etienne, il regardait toujours dehors avec un air mélancolique. Plus les années passaient, plus il se collait à la vitre, parfois j’avais l’impression qu’il était de l’autre côté de la fenêtre.

De toute façon, je vous le dis, et tout le monde vous le dira, Etienne, il a toujours été inexistant. Je crois qu’il est là depuis longtemps. Enfin, je sais pas, personne sait vraiment. En tout cas, il était là bien avant moi… Et ça fait 15 ans, que je suis là.

 

Mais où il a bien pu passer, il est passer à travers les murs ? Il était là, voyais, entre les plantes grasses et la fontaine d’eau. On le voyait tous les jours; le nez collait à son ordi, ou comme je vous disais, sur la fenêtre.

On le surnommait le geek. Je crois qu’il aimait bien, il devenait tout rouge. Oh, c’était marrant. J’aime croire qu’on lui déposait quelques sourires dans les recoins de sa vie. Au fond, on l’aimait bien. Il était bizarre… Qu’est-ce qu’il était bizarre quand j’y pense, mais on l’acceptait. Avec ses petites manies, ses petites routines quotidiennes.

Par exemple, chaque midi, il mangeait la même chose, du taboulé oriental. Il laissait pas un grain. Oh, je me souviens maintenant, une fois où y’en avait plus, il a tapé un scandale. Enfin, à sa façon hein…  C’est à dire bizarre. Il est soudain devenu, rouge, mais vraiment très rouge. Avec les copains, on s’est regardé, on l’a regardé, on s’attendait à ce qu’il crie. Un bon scandale, on était prêt à l’applaudir, je vous jure, qu’il sorte de sa réserve. Bin non… il a tapé son plateau contre le bar, ça a résonné dans tout le self (je crois qu’il a été surpris lui-même), il a dit quelque chose à la cuisinière, s’est retourné et il a trainé les pieds jusqu’à la sortie. Sacré Etienne !

Il partait toujours pisser à la même heure. 16h30. C’était notre horloge, avec les potes. On savait que c’était l’heure d’aller se prendre un petit kawa à la cafét. Comme quoi, il se sentait peut-être inutile, mais il nous était bien utile à nous.

 

Mais qu’est devenu Etienne ? Cet ailleurs dont il rêvait tant est-il maintenant plus beau pour lui ? S’est-il déshabillé de ce qu’il le retenait et le bloquait dans ce présent qu’il détestait, en passant la muraille ?

 

J’ai écris ce texte y’a longtemps, après avoir regardé le film « le passe-muraille » que j’avais aimé. 

 

 



 

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