Alphonse #1

Et on continue dans le retour dans mes textes du passé. « Alphonse » c’est un roman que j’ai commencé à écrire puis que j’ai abandonné là sur les pages d’un cahier, il y a 2 ou 3 ans. 

24 Octobre 1990 

18h06. L’enfant naquit dans un silence interrogatif. Qu’allait faire la mère ? Qu’était son idée ? A dire vrai, peu de suspens. Sa décision se lisait dans tout son être. Elle fuyait, du regard autant que du reste. L’abandon était toujours à l’ordre du jour.

Son bébé lui fut présenté, elle détourna le regard, on l’a questionna sur le prénom, elle proposa « personne ». On laissa tomber.

C’est quelques jours plus tard que son naturelle revint.  Ses joues arrondies par ses nombreux sourires avaient repris des couleurs. Ses yeux baissés regardaient à nouveau vers l’horizon. Enfin, c’était le jour de sa sortie. Liberté ! Loin de ce monstre et de ses tentacules qui essayaient désespérément de l’agripper pour la ramener auprès de lui.

Lui, qu’on prénomma Alphonse. Lui qu’on envoya dans un orphelinat. Si petit et si seul, qu’il dut grandir plus vite que les autres. Oublié l’innocente enfance.

 

*

 

La gadoue était de nombreuse fois, présente en saison des pluies, il y rampait toute la journée. Il était si sale que ses mères prirent l’habitude de ne plus le nettoyer que le soir avant l’heure du coucher. Il aimait tant se déplacer qu’il était inutile de le courir après pour le laver, il se salissait dans la minute suivante.

La terre était tellement sèche le reste du temps qu’il rentrait marron de la tête aux pieds. Les lèvres craquelées de terre, il levait la tête et réclamait à boire.

 

*

 

Fini ! Cette étape ne lui fut accordé qu’un court moment. « Les adultes ne se salissent pas comme ça, Alphonse. Reste propre ! Soit un homme. » Lui dirent ses mères un jour où elles se lassèrent vraiment de courir après ses habits crottés.

Le petit regard d’Alphonse s’agrandit. Il apprit alors à se débrouiller dans ce monde et mit en pratique ce qu’il avait absorbé lors de ses parcours journaliers. Il cracha ses connaissances. Se mit sur pieds dans un petit nuage de poussière. Avança, tomba. Se retrouva le cul couvert de terre, il regarda autour de lui. Chercha sa famille des yeux. Elles ne lui prêtaient aucunes attentions. L’œil fixait sur elles, il se releva. Pieds à terre, il s’enfuit. Petits pas. Il marcha, marcha avec acharnement. Dur sous les pieds et sous les yeux, il continuait son chemin. Il courait parfois.

 

La suite demain !

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